scène dansante

Week 16, la vie continue. Vent. Froid. Maudit pays. Vivement le printemps et l’été.

Je me prends un peu pour une anglaise. (Mais je m’habille, moi..) Mon accent se fait de plus en plus britannique à mesure que je fréquente mes amis anglais. (Paraît-il..) Je déjeune au pub, mange des jacket potatoes et des (veggie) English breakfast. Je bois du thé, encore du thé, toujours du thé. Avec du lait.
Et je ne vous parle même pas de mon franglais! D’ailleurs, avec une amie qui est ici depuis deux ans et demi, qui a donc bien assimilé la langue, etc, nos discussions sont très, euh, oui, franglaises, quite simply..

Quand je suis à la fac, il est rare que je ne tombe pas sur une de mes connaissances, ce qui me donne l’impression de connaitre tout le monde. (Faux.) Des amis anglais, italiens, français, allemands. Qui jouent au Quidditch (true story), sortent de la bibliothèque ou prennent un verre au restaurant/bar du campus.

Moi-même je passe un certain temps à la bibliothèque, ce qui honnêtement, n’était sérieusement pas arrivé depuis la 6e. Avec un cappuccino, et mes dictionnaires Larousse et Collins-Robert, je traduis du français vers l’anglais, et vice-versa. Je m’arrache les cheveux sur des tournures de phrases, et suis fière de pouvoir créer des assonances qui n’étaient pas même dans le texte d’origine. Après tout, j’aime bien traduire. J’ai eu 71% de moyenne dans cette matière au premier semestre – ma meilleure moyenne. (Pratique pour un futur master?)

Et puis je prévois mes sorties (culturelles). Des concerts, un opéra en mars. Mon anniversaire en Angleterre. Une soirée quizz un dimanche? Peut-être Chatsworth dans deux semaines. Oxford est déjà sold out. Londres bientôt. Et sinon, Cambridge, c’était chouette, malgré le froid, le brouillard. Punting is cool.

Dans le bus j’écoute MUSE. Je les verrai en juin à Paris. (Ce n’est pas trop tôt..) J’écoute aussi cette chanson qui me ramène à cette époque parisienne. L’époque rue de Rennes-95-Haussmann-96-St Paul. Et je pense à septembre 2010. La fac, le master, maybe, un boulot, un appartement à (re)trouver. Et du coup, j’ai peur, et je change de chanson.

J’achète un nouveau carnet à Paperchase, cette papeterie où j’ai envie de tout acheter. Un carnet avec des dessins d’appareils photo en couverture. Un carnet pour ces mots que je ne couche pas sur une page virtuelle. Noir sur blanc, mes souvenirs, et puis tout le reste.

(That’s my life.)

family

Je suis passée de l’autre côté du comptoir le 9 juin 2008. Let’s get physical. Été intra-muros. J’ai rejoint la famille des t-shirts bleus.

C’était d’abord un bel été, passé à dos de scooter. Danser, rire, boire trop de vin, trop souvent. T-shirt rose vif, vert pistache et jaune citron. Frappé fraise? Le boulevard Haussmann était ma deuxième maison. Ligne 4. Ligne 9. Chaussée d’Antin-Lafayette.
Le parc Montsouris aussi. Le flirt avec Mr le directeur.
Ce n’était que le début..

L’automne est arrivé. T-shirt bleu. Je fais partie un peu plus de la famille à mesure que le temps passe. Littéralement.
Ma vie se situe entre St Placide, official home, et St Sulpice. Haussmann. St Paul parfois.. Je suis heureuse.

C’était les pauses déjeuner d’une demie-heure. Dix minutes pour l’entrée, dix minutes pour le reste, et encore dix minutes pour le café/cigarette, partagé ou solitaire, ça dépendait. Le rush. 12h-14h.
Les fermetures de restaurant, l’après-midi à faire des Jardins Dévastés. 20h, partir, sortir ou dormir?

C’était aller voir les amis, les autres t-shirts bleus, dans leurs restaurants à eux. C’était se déguiser en cow-girl en novembre, et finir par pleurer dans les toilettes de la boîte. (Et se faire consoler, ironiquement, par celle qui finira par avoir la place convoitée à l’époque.)

C’était trop. Trop de tout, et surtout c’était un peu trop ma vie. Mais j’étais heureuse quand même.

Ce garçon, qui travaillait dans le restaurant plus loin. Étudiant en cinéma, grand et vivant dans le 5e arrondissement. Qui passait parfois, quand il avait fini sa journée, quand j’avais fini la mienne par coïncidence, et qui partageait une cigarette avec moi. Il repartait, je restais pour manger mon dessert et boire un énième café.

Se lever à 6h30 pour commencer à 7h. Un nouveau directeur. Des changements. Une nouvelle équipe. Les anciens qui disparaissent au compte-goutte. Est-ce que je suis une ancienne?

Mon grand ami, avec ses (fausses) lunettes, avec qui on discutait de séries télé US. La famille est éparpillée de la Suède jusqu’en Colombie, en passant par le Danemark et l’Italie.
Ce grand brun qui jouait au foot. Une autre végétarienne. Le big boss, sa moto, son sourire. Et cet autre, son tatouage, ses piercings, et l’attirance que je n’ai jamais pu expliquer.

L’aventure s’est terminée le 31 juillet 2009..
Pourquoi ne pas la reprendre en septembre 2010? Peut être. Peut être pas. Who knows?
C’était une belle année parisienne.

crêpe

Donnes-moi la main. Écoutes. Fermes les yeux. Je suis fatiguée de rien. Fatiguée de demain.

all over town

Week 15. Février. Froid, froid, froid.

Ils sont partis.. Les danseurs, les danseuses, la magie du ballet. The Nutcracker, The Sleeping Beauty, et mes souvenirs. Ils me manquent déjà. (J’en veux toujours plus.)

Du thé, un cheese-cake au chocolat. 9 semaines et je serai de nouveau de retour en France, pour de nouvelles (longues) vacances. Ça semble si peu. Trop peu pour faire toutes ces choses que je veux faire.
Aller à Londres, ailleurs. Au cinéma. Lire, lire, lire. Continuer à aller au restaurant, boire du thé à Lee Rosy’s. Visiter le château de Nottingham (il serait temps). Trop de choses. Et j’oubliais.. Les essays et autres présentations. Youpi.. (NOT!)

Je vais bien, tout va bien, comme vous pouvez le voir. A ce propos..

L’étudiant Erasmus est, je trouve, sous une certaine pression. On ne cesse de lui répéter de la ‘chance qu’il a’ et qu’il se doit de ‘profiter du séjour’ et blablabla.. Le fait est que, certes, c’est chouette, etc, mais il suffit de montrer un seul signe de faiblesse, de nostalgie, de mélancolie, et l’on est montré du doigt. Pour ne pas ‘profiter’. Pour ne pas ‘kiffer’ comme disent les jeunes de nos jours…
Aha. D’où la naissance d’une certaine culpabilité quand il arrive de se sentir, parfois, loin de chez-soi. Qui amplifie la mélancolie. Etc. Cercle vicieux? Un peu non..?

« Tu kiffes pas la moindre seconde de ton séjour Erasmus? Ingrate va! »

Hmm. Non voila, c’est tout.
Ah, et autre chose, sur ce magnifique site communautaire, j’ai nommé facebook, une de mes ‘amies’ a crée un groupe ‘C’est pas mal, c’est Erasmus’. Hmm, bref résumé de la description: Je ne vais jamais en cours car je décuve/dors/voyage, je couche avec la moitié du campus, je mange de la junk-food 24/7 et tous mes amis sont des étudiants étrangers.

Désolée, mais, euh, non. Et je crois que beaucoup de personnes ont cette image de l’étudiant/du séjour Erasmus.
Je suis loin d’être un moine ascétique, et je sais aussi que ce ne sont pas des choses à prendre au premier degré.. Mais tout de même!

Personnellement, je fuis les soirées dites ‘Erasmus’ parce que je ne suis pas spécialement venue en Angleterre pour rencontrer la pétasse parisienne de base, que je peux croiser dans le métro à n’importe quel moment de la journée et de la nuit. (Et que je n’ai que trop croisée ici, le monde est petit..) Et les étudiants Italiens, Espagnols, Allemands.. Okay. J’en connais quelques uns, qui sont très sympathiques, mais bon. England.. English people anyone??

Alors voila. Quant à faire défiler dans mon lit des inconnus, hmm comment dire.. Non?
BREF. Ce groupe m’a quelque peu affligée. (Et voir qu’il n’y a que 7 membres, ça me rassure.. Pour le moment.)(Et je répète, je sais que ce n’est pas à prendre au premier degré, MAIS quand même.)

Je sais pas.. J’aime beaucoup ce que je fais en Angleterre so far. Aller en cours, aller au restaurant toutes les semaines avec des Anglais formidables (et végétariens), discuter dans la cuisine avec mes deux colocataires adorables, aller voir des concerts, des ballets, et bientôt de l’opéra. Visiter quelques villes. Me promener et prendre des photos. Boire du thé, beaucoup de thé, avec des amis. Aller à quelques house-parties…
Profiter à ma façon de ce que ce séjour m’offre. And don’t get me wrong, oui, ma famille, mes amis, la France me manque, mais ça ne veux pas dire que je ne ‘profite’ pas et/ou que je regrette ma venue en perfide Albion.

Loin de là, my friends, loin de là..

i was here

Lalalala. Boire du vin, manger du fromage. Cheese & Wine party. Observer les anglais. Les anglaises (et leur vulgarité innée, trop souvent). Maudir le vent, le froid, le pays tout entier. Et puis boire du thé, manger un muffin, et ça va déjà mieux. Acheter une place pour le ballet de la Belle au Bois Dormant… Tchaïkovsky is my friend.

Discussions métaphysiques sur l’oreiller, entre filles, entre expatriées. Cambridge la semaine prochaine, le temps d’une journée. Envies de cinéma. Travail à la bibliothèque en perspective.
Polka dots dans le placard. Tour Eiffel au mur. Et bientôt dire adieu au mois de janvier. Bientôt les crêpes de février..

(J’ai changé quelque peu le ‘design’ du blog. Encore une jolie fille. + Ai rajouté une dizaine de liens de ce que j’aime lire, sans ordre spécial ni classement quelconque.)

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