rest in peace

Apprendre la mort de quelqu’un via facebook, ça ne m’était jamais arrivé, je n’y avais jamais pensé, et ça n’enlève rien au tragique de la situation. C’est peut être encore plus réel que si je l’avais appris autrement, tout simplement parce que les hommages à sa mémoire affluent, sur son mur, dans les statuts de nos amis en commun, partout, partout…

Et pourtant, je ne veux pas le croire. J’aimerais que ce ne soit qu’un cauchemar. Qu’une blague de très mauvais goût, à la limite. Je ne veux, et je ne peux pas croire que quand je reviendrai à Paris, que je reprendrai ma vie où je l’ai laissée, il ne sera pas là, avec tous les autres, avec moi.

Vous savez, je n’étais pas proche de lui, et finalement, je ne le connaissais pas si bien que ça. Mais pendant deux ans, il était là, dans mon entourage, mon paysage parisien.
La première fois que je l’ai vu, c’était quelques temps avant que je m’installe définitivement à Paris, juste avant ma première année de fac. Août 2007. Il travaillait là où moi aussi j’allais travailler un jour. Il a été adorable. Et j’ai continué à le voir, un peu tout le temps, car j’étais devenue une cliente régulière, fidèle à ses beaux yeux, son sourire, et tout le reste.

Juin 2008, je rejoins la c*jean family. Et maintenant, c’est un collègue. Petite nouvelle, je me souviens que lors des rares fois où on travaillait ensemble, ses conseils étaient avisés, m’ont beaucoup aidés et j’ai fini par être formatrice. Il était là, à chaque soirée, et moi aussi j’ai fini par passer mes nuits avec la family.

Il m’appelait ‘mec’, comme il appelait toutes les filles je crois. Ses ‘como te gusta’ et ‘asotame’ sont devenus des classiques c*jean. ‘On va détruire la maison!’ avec un accent venu tout droit de colombie, c’était lui, aussi. Il était un peu fou, drôle, mordant (littéralement) et un vrai séducteur. Travailler avec lui, c’était l’assurance de passer une bonne journée. Faire la fête avec lui, aussi. La dernière fois que je l’ai vu, c’était lors de mon pot de départ, juillet 2009..

Je ne le connaissais pas tant que ça, et pourtant, je le considérais comme un ami. C’était l’un de ceux que j’avais vraiment hâte de retrouver, si jamais je retournais travailler là-bas après l’Angleterre. Il était toujours là, quelque part dans ma vie, et maintenant, il ne le sera plus.

Je n’ose même pas imaginer la douleur de ceux qui le connaissaient vraiment bien.. Je pense à eux. Je pense à lui.

Tatu, we miss you, we love you.

mélancolie

Il paraît qu’on aurait perdu une seconde de notre journée à cause du tremblement de terre au Chili. (Vous ne me croyez pas? Google-it.)
J’ai l’impression qu’il me manque bien plus qu’une poignée de secondes.

La semaine est presque finie. J’ai passé mon temps à courir dans tous les sens, mais j’ai quand même trouvé le temps de dormir trop, et mal. Voix cassée et mal de gorge. Je me suis retrouvée en France le temps d’une séance de cinéma, le temps de feuilleter un magazine en VF.

Et puis la bibliothèque, le Robert-Collins 2nd édition, à la couverture bleue, que je retrouve aussi souvent qu’un amant, et toujours à la même place, près de la fenêtre. Je l’aime bien cette bibliothèque. (Mais pas trop non plus.)

Le printemps est là, presque. Même s’il fait encore froid, le parfum de l’air a changé. Les fleurs font leur apparitions aux bords des chemins, et les oiseaux se remettent à chanter. Il fait froid, mais il fait beau. Et le soleil, l’odeur du printemps, me donnent envie de m’allonger dans l’herbe, d’aller boire un café en terrasse parisienne, de mettre mes lunettes de soleil, d’écouter la campagne se réveiller.

Mais il faut que je pense aux chemins de fer, à la BBC, à la révolution industrielle durant l’Angleterre Victorienne, au gothique, et aux Lumières aux États-Unis. A traduire des centaines de mots, toujours et encore plus.
Pas étonnant que je n’ai qu’une envie.. Celle de dormir.

the moon is staring at me

Bonjour mois de mars. Tu nous as apporté du soleil, dès le premier jour, bon augure?

J’aimerais bien ne plus être malade, merci. Trouver la force de me mettre à travailler. Et pouvoir aller à Londres pour mon anniversaire.

Concert (Mozart! Beethoven! Nielsen!), cinéma, restaurant(s), tasses de thé, mais aussi cours, et bibliothèque.. Ma semaine est longue, et chargée. Et elle n’en paraîtra que plus courte.

she already takes crack

Demain, même heure, février 2010 ça sera du passé. Oui, j’ai une obsession du temps qui passe on dirait.. Je compte. Les semaines qu’il me reste jusqu’au prochaines vacances. (Quatre. Oh mon dieu!) Les semaines passées ici. Les jours restants pour écrire tel ou tel essay.. Et tout ça, c’est pas très rassurant.

Surtout quand ça va faire trois jours, quatre avec demain dimanche, que je traîne en pyjama chez moi. Mal par-ci, mal par-là. Je dors, je lis, je hante internet, et je dors. Trop.
Et février se termine. J’ai l’impression que c’était hier, mon retour à Nottingham, les examens, Noël, 2009.

Alors qu’en fait, ce sera bientôt mon anniversaire, mes 21 ans. Mars, puis avril. Puis Mai. Et ce sera presque terminé. Mes 21 ans d’abord. Que je ne fêterai pas en grande pompe comme le font à peu près tous les anglais. Oui, ici je crois que 21 ans est particulièrement ‘important’ à fêter.
En France je pense que les 18 et 20 ans nous semblent plus symboliques, non?

Mes 20 ans.. Ha, c’était une jolie soirée. Un pub irlandais sur les Grands Boulevards parisiens. Une double-fête, celle d’une amie, qui fêtait ses 21 ans. Je n’ai jamais fait de (grandes) fêtes d’anniversaire. Je n’ai pas été élevée aux cours de tennis, fêtes d’anniversaire et années à la maternelle. Et puis finalement, ça ne change rien.

Mes 20 ans, c’était chouette. J’avais invité la moitié de mes collègues, l’autre moitié s’invitant d’elle-même, et mes amis proches. Je me souviens de ce cadeau, qui en fin de soirée, ou plutôt en début de matinée, s’était retrouvée trempé de vodka, ayant passée la nuit sous la table, où divers cocktails se sont renversés au fil du taux d’alcoolémie des invités.
Je me souviens de la nuit froide dans laquelle on s’engouffrait, pour fumer nos cigarettes. Je me souviens de lui, qui m’a ramené chez moi vers 7h du matin. (Ou était-ce 6h?) Il l’a aussi ramenée, elle. Elle qui était toujours là, mais qui ne l’est plus. (Et je trouve ça décevant, après avoir partagé tant de choses.)

Je me souviens de la fatigue. Et aussi de la déception d’être seule, le lendemain de mes 20 ans. (…)

Tant de choses ont changé en un an. J’ai l’impression d’avoir tant changé. Et je suis incapable de dire si c’est une bonne chose ou non.
Et puis, est-ce que j’ai vraiment changé? Ou est-ce que je suis tel un caméléon, laissant l’environnement dans lequel je me trouve décider de ce que je suis? Ce n’est pas impossible.

Même très probable. La personne que je suis à Paris est différente de celle que je suis quand je suis avec ma famille. Et mon moi anglais semble être encore différent de ces deux autres moi. Appelez moi Gollum, je suis schizophrène. (Enfin non, hein, ne m’appelez pas Gollum..)

different

Parfois, je me demande si les anglais(es) sont des être humains normalement constitués. S’ils ont un gène supplémentaire, ‘résistance au froid’ dans leur bagage génétique.

Ou alors, ils prennent les devants, après tout, il paraît que la terre se réchauffe, alors ils s’entraînent, c’est ça?
Ou encore, ils veulent juste se montrer. « Regardez comme je suis belle avec ma mini-robe. Non, je n’ai pas froid, pourquoi? Oh, il fait -3°C? J’avais pas remarqué! » (Menteuse, tu as la chair de poule.)

Ce matin, -1°C (ce qui doit vraisemblablement être chaud par ici), à l’arrêt de bus, une fille et son décolleté. Bon, elle avait une veste. (C’est déjà un grand pas – pour une anglaise de base.) A côté d’elle, j’avais l’impression de partir en mission en Alaska.

Et puis les garçons en shorts/bermudas et/ou en tongs. (Si, si!) J’en vois encore parfois.

C’est un truc dont je m’étonnerai toujours. L’apparente imperméabilité britannique au froid.  Et aussi longtemps que j’en serai témoin, je continuerai à élaborer des théories sur le sujet. (Pour mon plus grand divertissement.)

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